On se retrouve un mardi un peu particulier. La semaine dernière, j'ai posté une vidéo où je vous parlais de mes doutes, et vous avez été nombreux à me répondre. Alors ce matin, je ne fais pas semblant : je vous ouvre les comptes du Carnet, et je vous demande un coup de main. Ensuite, promis, je vous emmène respirer, canoë et table étoilée au bord de la Loire.
Au menu cette semaine
L'addition : la survie du Carnet, et une question pour vous
Le coup de cœur : deux jours en Loire, canoë et table étoilée
Au microscope : le rillon, la Touraine dans un cube
À emporter : trois adresses au pif
L'addition : la survie du Carnet
Mon indépendance n'a pas de prix. Mais elle a un coût.
Depuis 2026, je ne travaille qu'avec les marques les plus propres que je trouve. Pas de compagnies aériennes, pas d'électroménager à la pelle, pas de gros groupes qui traînent leurs casseroles : ni Nestlé, ni Accor, ni le reste de la clique.
Sauf que ces lignes rouges coûtent cher. Les additions, les trajets pour aller serrer la main des producteurs, le site que je gère seule de A à Z : tout ça, je le finance seule, et je compte bien continuer. Mais pour que Le Carnet survive et grandisse, pour recruter une petite équipe et faire de cette façon de travailler un vrai métier, et pas une lubie qui tient six mois, il me faut un modèle qui tienne debout.
Parce que sans ça, difficile de se présenter comme une vraie alternative face aux poids lourds du milieu. Le Fooding, par exemple : depuis son rachat par Michelin en 2020, c'est un mastodonte qui fait la pluie et le beau temps sur toute la bobogastrosphère française, avec des partenaires de grande envergure comme San Pellegrino, qui appartient à Nestlé, ou Zenchef.
Ma préoccupation numéro un reste la même : votre confiance, et mon intégrité. Je n'ai que ça à défendre (et le bien manger assurément !). Alors après m'être arraché les cheveux pendant six mois, j'en suis venue à la conclusion que le plus sensé serait de vous demander votre avis : qu'est-ce que vous accepteriez ?
Je vous ai préparé un petit formulaire, quelques questions guidées, deux minutes montre en main. Vos réponses décideront de la suite.
Donner mon avis sur le modèle du Carnet
Le coup de cœur : deux jours en Loire
Amboise, c'est cette petite ville royale posée sur la Loire, où les rois de France venaient prendre le frais et où Léonard de Vinci a fini ses jours. Comptez environ 1h30 depuis Paris, en TGV jusqu'à Saint-Pierre-des-Corps puis un TER. Autant dire que le dépaysement ne vous coûtera pas trop d'effort ni de carbone.
J'y ai passé deux jours à alterner pagaie et fourchette, avec l'équipe de Loire Aventure, au poil du début à la fin. Deux balades sur deux jours, en canoë canadien : comprenez, en bon français, la barque ouverte qu'on mène à la pagaie simple, à genoux ou assise, rien à voir avec le kayak fermé où l'on est sanglé jusqu'aux hanches. Vingt kilomètres le premier jour, sept le second, et tout se fait à la carte si vos bras réclament grâce.
Le premier jour, on s'arrête à la guinguette Sauvage, les pieds dans le sable. Le soir, on passe au grand écart assumé : le restaurant étoilé du Château de Pray, installé dans une ancienne grotte troglodyte. Cuisine traditionnelle avec une vraie note personnelle, le chic sans une once de pompe. J'y ai goûté un pigeonneau à la framboise et un soufflé au cassis. Et surtout, une adresse pour toutes les bourses : menu entrée-plat-dessert à 65 euros le soir, carte à côté, belle sélection de vins du coin avec des bouteilles dès 30 euros et un sommelier de bon conseil.
Le lendemain, avant de reprendre la pagaie, visite du Clos Lucé, la dernière demeure de Léonard de Vinci. De l'eau, de la pierre, de la table : le terroir se déguste aussi bien qu'il se regarde. D'ailleurs cette année, je vous prépare plusieurs de ces aventures, terroir et nature réunis. J'espère que vous aimez ça, vous allez en souper !
Au microscope : le rillon
Puisqu'on est en Touraine, autant y goûter. Les rillons, ce sont des cubes de poitrine de porc, massés au sel, au thym et au laurier, puis confits lentement dans leur propre graisse, avec un trait de vouvray du coin pour signer le terroir. Résultat : fondant dedans, caramélisé dehors.
Ne le confondez pas avec la rillette, sa cousine effilochée. Le rillon, lui, reste un morceau franc, qu'on tranche et qu'on mange tel quel : froid à l'apéro, tiède dans une salade, ou glissé dans une tarte à la tomate. On le trouve chez les charcutiers tourangeaux et sur les étals du marché d'Amboise, pour le prix d'une misère face à ce qu'il raconte de la région.
À emporter : trois adresses au pif
Trois adresses tirées au sort dans mon répertoire, à des kilomètres les unes des autres.
St. John - Londres. Le nose-to-tail avant tout le monde : chez Fergus Henderson, on ne jette rien, de l'os à moelle à l'Eccles cake.
Kodawari Ramen (Ueno) - Paris. Un ramen au canard du Périgord servi dans une fausse gare de Tokyo, sous les néons.
Domaine de la Cavalière - Lourmarin. Clément, seul aux commandes de ses vignes et de ses oliviers du Luberon : du vin et deux huiles d'olive, en direct.
Le mot de la fin
Vous ouvrir mes comptes un mardi matin, ce n'est pas très glamour, je sais. Mais l'indépendance, ça se tient à plusieurs. Construisons la suite ensemble.

