Cela fait presque 30 ans que je vis à Paris et presque autant que je la vis par le prisme de ce qu'on y mange, de qui le cuisine, et de ce que nos assiettes disent de nous. Et cela fait aussi 30 ans que je cherche, souvent maladroitement, à concilier ce que j'aime profondément avec ce qu'on attendait de moi.
L'histoire commence comme ça
Au départ, @lefoodbob était un simple compte Instagram partagé avec mes amis. Pas d'ambition, juste le plaisir de noter mes coups de cœur. Puis une vidéo sur Berthillon, mon glacier préféré, me fait passer de 2 000 à 100 000 abonnés en moins de trois mois.
Je découvre alors un monde que je ne soupçonnais pas : des dîners où des gens affirment vivre de ce « job 2.0 », payés par des restaurants et des marques pour mettre leur visibilité au service de leur chéquier. Naïvement, je m'y mets aussi. Je vends votre confiance, sans quitter les études. Trop peur que tout s'arrête du jour au lendemain, et trop honte pour dire en dîner de famille que je suis « influenceuse ».
Deux masters, un doctorat plus tard, je suis exactement là où j'avais toujours voulu être : le meilleur job, un appart, de l'argent. Et l'influence en parallèle pour arrondir les fins de mois avec largesse. Le monde est à moi.
Puis un jour, je n'arrive plus à me lever.
Le (power) point de rupture
J'avais fait tout ça pour me retrouver devant un ordinateur à aligner des slides PowerPoint, à écouter des hommes en costume m'expliquer combien je gagnerais « quand j'arriverais à percer le plafond de verre », et à rentrer chez moi pour m'adonner à ma passion sur Lefoodbob : n'être qu'un panneau publicitaire sur les réseaux.
Alors j'ai quitté (avec pertes et fracas) la finance, puis décidé tant qu'à faire d'arrêter totalement l'influence. Petite crise de la trentaine en poche et quête de sens en bandoulière, je me retrouve touchée par le même virus que tous les parisiens clichés que j'avais toujours regardés avec ironie.
Mais pour ne pas finir en « femme matcha qui a quitté le M&A pour ouvrir un bar healthy », j'ai pris le temps de réfléchir à ce que je voulais vraiment faire de cette « influence », et à comment l'utiliser pour apporter quelque chose de positif.
C'est là que Le Carnet est né.
Ce que je ne cherche pas
Je ne cherche ni la reconnaissance ni à « faire de l'argent » à tout prix. J'entreprends pour trois raisons :
La liberté. Financière, temporelle, géographique et décisionnelle.
La stimulation. Apprendre sans limite.
L'accomplissement. Créer quelque chose d'utile, de sincère, d'impactant.
Ce que Le Carnet est vraiment
D'abord une simple liste de mes adresses coup de cœur, soigneusement gardées durant 30 années de vie à Paris. Puis des coups de gueule. Puis des prises de position plus affirmées. Et petit à petit, j'ai trouvé ma voie : parler de ce que j'aime vraiment, découvrir les territoires, manger mieux sans manger triste, et ne pas céder à l'appel du chéquier des grands groupes.
Je ne suis pas parfaite, et je n'ai pas attendu de l'être. Consommer plus conscient, de saison, raisonné et raisonnable, c'est un chemin, pas un état. Faire mieux, c'est déjà un petit pas qui fait la différence.
J'ai passé trop d'années à me taire pour plaire, à être spectatrice des prises de position de ceux qui osaient. Aujourd'hui, j'ai besoin d'être celle qui raconte, et de ne plus avoir honte de penser différemment.
Parce que manger, c'est déjà un acte politique.
Ce que vous trouverez ici
Chaque semaine, je documente mon quotidien d'entrepreneur gastronomique (oui, les intitulés de bullshit job, ça me connait) : adresses testées, escapades en régions, coulisses du milieu, analyses approfondies, questionnements sur ce que la food dit de notre époque. Avec 100 % de transparence.
Tout ça grâce à des partenaires sans conflit d'intérêt avec mes avis, et qui partagent mes valeurs (vous l'aurez compris, Total et UberEats ne mettront pas la main au portefeuille…), et surtout grâce à vous.
J'ai encore tout à apprendre, et je compte bien vous partager mes découvertes, mes voyages, mes doutes, mon regard sur le très fermé milieu de la food parisienne et diriger le vôtre vers ceux qui le méritent vraiment.
Bienvenue dans le Carnet.
Bob
PS : Si cette page vous a parlé, partagez-la à quelqu'un qui mange avec curiosité et pense avec appétit !
