Ça y'est, c'est le grand saut. Je n'ai pas été aussi excitée d'écrire depuis les années 2000. Dans mon journal intime Diddle, sécurisé par un petit cadenas, je couchais à l'aide de mon beau stylo plume les états d'âme d'une élève de CP. 26 ans plus tard, c'est grâce à vous que je peux reprendre cet exercice avec, je l'espère, moins de ratures, plus de structure mais toujours le même entrain.
Merci pour vos lectures !
Voici donc le programme de cette newsletter et de toutes celles à venir. Je suis preneuse de vos retours sur ce format et sur les infos que vous aimeriez y retrouver.
Au menu cette semaine
L'addition : 7,50€ pour une boule de glace, ici c'est Paris.
Coup de cœur : Au Vieux Nain Grincheux, Paris 9e.
Au microscope : Barneville-Carteret, à vos souhaits !
À emporter : 3 adresses au pif.
L'addition
C'est la nouvelle place to lose money à Paris : Fumo, pop up de glaces du Marais qui a dédié sa première édition à la talentueuse Tessa Ponzo. La pâtissière du restaurant Irwin avait ému la scène monégasque en recevant le prix Passion Dessert du Michelin 2026.
Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'est sorti de terre cet abri à pop up, nouvelle tendance pour swiper de concept plus vite que sur TikTok. Derrière cette juteuse idée : Mélanie Rozencwajg. Pour réveiller les papilles : des saveurs qui interpellent ; huile d'olive, cardamome, cornichon…
Malheureusement, vous vous doutez bien qu'un produit imaginé par une telle équipe vendu à un prix accessible à « la plèbe » n'était pas envisageable. Si vous souhaitez participer à la cagnotte Leetchi des ultra riches qui vous promettent l'excellence, il faudra vous acquitter de 7,50€ minimum pour une boule seule, et de la bagatelle de 13,50€ pour l'accord mets et kombucha, oui, vraiment. Il n'y a qu'un Parisien pour gober une couleuvre pareille.
Ceci dit, vous faites bien ce que vous souhaitez de vos deniers. Ma recommandation serait plutôt d'aller déguster les créations de Tessa au restaurant Irwin, attablés, pour une véritable expérience. Dommage pour sa créativité éclipsée sur un comptoir rikiki et un bout de trottoir.
Ou de faire une petite balade jusqu'à l'île Saint Louis pour acheter le joli demi litre de glace artisanale à 13€ de la maison mère Berthillon, qui ne m'a jamais déçue.
Coup de cœur
Mardi midi : rendez vous avec Stéphane pour découvrir cette adresse que j'avais repérée dans le quartier. Pas de queue, intérieur calme, il fait bon. La déco : des nains de jardin tous plus kitsch les uns que les autres, et un qui se distingue. On nous dit qu'il a été créé à l'effigie du patron, absent ce jour, et à son image : petit, très barbu, et bien grincheux.
Le menu imprimé sur une feuille A4 change chaque jour, et il est alléchant : gambas grillées mousse de chorizo, émincé de rumsteck et gratin de courgettes, tartelette clafoutis cerise… le tout pour 29€ entrée, plat, dessert, avec deux options de plats végétariens.
Dans l'assiette, ça roule, on engloutit comme au déjeuner chez mamie ; pour ma part j'emporte un petit doggy bag pour prolonger le plaisir au dîner. Au service, douceur, attention et calme. Ça fait du bien. On nous propose de revenir pour leur dîner gastronomique spécial du mois, pour une cinquantaine d'euros. Comptez sur moi.
Au Vieux Nain Grincheux, 34 rue de la Victoire, 75009 Paris.
Au microscope
À 3h30 de Paris, coincée entre bocage normand et Manche, Barneville-Carteret est le genre d'endroit que l'on garde jalousement pour soi. Un territoire encore épargné par l'agitation : des plages de sable fin battues par le vent, des marais salants où pousse la salicorne, des eaux poissonneuses où le homard sort de l'eau presque sous vos yeux. Les îles anglo-normandes se devinent par temps clair à l'horizon. On y trouve des producteurs passionnés, notamment Marine et sa plantation de poivre normand, l'une des plus confidentielles de France. C'est un coin qui a tout d'un grand et qui n'a encore rien à prouver.
C'est dans ce paysage que Victor Leboucher a posé ses couteaux. À la tête du restaurant Marnage, qu'il a repris il y a peu, il chuchote une cuisine qui n'a pourtant rien à cacher.
De son territoire normand, il connaît tous les secrets : le homard frais sorti de l'eau quasi devant sa porte, les fleurs comestibles cueillies dans ses spots secrets, la salicorne prélevée à l'opinel dans les marais salants. Ses assiettes sont des tableaux de saveurs, de textures, avec toujours cette petite acidité qui lui est propre.
Après avoir fait ses armes chez les plus grands, Régis Marcon à Saint-Bonnet-le-Froid puis Michaël Arnoult aux Morainières à Jongieux, il entame en seul capitaine la traversée vers l'étoile Michelin pour faire briller son petit paradis de terroir. Homard à la fleur de sureau, rouget condiment orange amère, fromage normand cuisiné… une balade entre terre et mer qui n'attend plus qu'un accord mets et vins un peu plus punchy et que le chef laisse sa personnalité s'exprimer sans limite pour chatouiller les étoiles, oui, au pluriel.
Comprenez que pour déconnecter et vous régaler avant que la marée Michelin ne monte, il est encore temps.
Dans les environs : spots de surf, yoga, visite de la plantation de poivre normand chez Marine, balade à cheval, bateau jusqu'aux îles anglo-normandes…
Tous les détails à retrouver dans la section Escapades du Carnet.
À emporter : 3 adresses au pif !
La Binouze, 72 rue Marguerite de Rochechouart, 75009 Paris. Pour une petite mousse entre connaisseurs.
May Hong, galerie des Olympiades, avenue d'Ivry, 75013 Paris. Pour manger un phô dans une vieille galerie commerçante du 13e.
Taozi, 32 rue Jean Mermoz, 75008 Paris. Pour le meilleur péché mignon de ta vie.
Si cette newsletter vous a plu, partagez-la à quelqu'un qui mange avec curiosité et pense avec appétit !
